Flaubert, Belle-Isle

janvier 16, 2012 by denecessitevertu · Comment
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flaubert   

 

      « Nous nous roulions l’esprit dans la profusion de ces splendeurs, nous en repaissions nos yeux ; nous en écartions les narines, nous en ouvrions les oreilles ; quelque chose de la vie des éléments émanant d’eux-mêmes, sous l’attraction de nos regards, arrivait jusqu’à nous, s’y assimilant, faisait que nous les comprenions dans un rapport moins éloigné, que nous les sentions plus avant, grâce à cette union plus complexe. A force de nous en pénétrer, d’y entrer, nous devenions nature aussi, nous sentions qu’elle gagnait sur nous et nous en avions une joie démesurée ; nous aurions voulu nous y perdre, être pris par elle ou l’emporter en nous. Ainsi que dans les transports de l’amour, on souhaite plus de mains pour palper, plus de lèvres pour baiser, plus d’yeux pour voir, plus d’âme pour aimer, nous étalant sur la nature dans un ébattement plein de délires et de joies (…) »

Flaubert, Belle-Isle, p 32

Jean de Tinan ou le culte de la vie

octobre 13, 2010 by Alexandre Le Dinh · 3 Comments
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 tinan

  Les meilleurs partent les premiers, c’est bien connu. Et la littérature n’est pas avare en trajectoires flamboyantes avortées. Jean-René Huguenin, Raymond Radiguet, Jean de Tinan morts respectivement à 26, 20 et 24 ans. A chacun son podium. Le mien est définitif, placé tout là-haut sur l’échelle de la grâce – grâce de l’écrire et du vivre. C’est du plus lointain de ces ardents cousins qu’il s’agira ici : Jean de Tinan, né en 1874.

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