Une longue amitié: de Marceau à Déon, de Michel à Félicien: Lettres 1955-2005

Au début des années 50, à la faveur d’une rencontre chez Plon, Michel Déon et Félicien Marceau devinrent amis. Ils n’étaient pas encore académiciens, mais déjà des romanciers qui comptent, ou qui allaient compter. Le milieu littéraire les appelait « les duellistes. » Michel Déon, 34 ans et 4 romans au compteur, entrevoyait déjà l’exil (à Sintra puis à Spetsai) tandis que Félicien Marceau, 40 ans et auteur chez Gallimard d’une dizaine de livres, s’installait à Neuilly. L’auteur de Je ne veux jamais l’oublier (1950) et celui des Elans du cœur (1955) se voyaient, se lisaient avec bonheur et, pour ne rien gâter, pratiquaient l’échange épistolier. Un demi-siècle de ferveur amicale plus tard, leur correspondance voit le jour.
Le patriotisme tranquille: Dictionnaire amoureux de la France, Denis Tillinac

Flaubert, Belle-Isle
« Nous nous roulions l’esprit dans la profusion de ces splendeurs, nous en repaissions nos yeux ; nous en écartions les narines, nous en ouvrions les oreilles ; quelque chose de la vie des éléments émanant d’eux-mêmes, sous l’attraction de nos regards, arrivait jusqu’à nous, s’y assimilant, faisait que nous les comprenions dans un rapport moins éloigné, que nous les sentions plus avant, grâce à cette union plus complexe. A force de nous en pénétrer, d’y entrer, nous devenions nature aussi, nous sentions qu’elle gagnait sur nous et nous en avions une joie démesurée ; nous aurions voulu nous y perdre, être pris par elle ou l’emporter en nous. Ainsi que dans les transports de l’amour, on souhaite plus de mains pour palper, plus de lèvres pour baiser, plus d’yeux pour voir, plus d’âme pour aimer, nous étalant sur la nature dans un ébattement plein de délires et de joies (…) »
Flaubert, Belle-Isle, p 32
Les Lumières du ciel, Olivier Maulin

Oubliez les perspectives migraineuses de cette rentrée littéraire 2012, ses 480 nouveaux romans et ses vaines tentatives de « politique-fiction »… Avec Les lumières du ciel d’Olivier Maulin, vous n’aurez bientôt plus grand chose à regretter. On n’avait pas lu quelque chose de plus original depuis un bon moment.
Auteur de quatre romans, toujours prétextes à d’impromptus départs en voyage, comme dans En Attendant le roi du Monde, Olivier Maulin nous livre ici un diable de bon roman, revigorant à souhait et à la désinvolture heureuse. Une singularité qu’il a en partage avec ces « anars de droite » qu’étaient Blondin, Audiard, Marcel Aymé, voire plus lointainement Barbey D’Aurevilly et Léon Bloy.
En vérité tous ceux qui ont contribué au mythe fondateur de l’écrivain « désengagé » sans pour autant renoncer à glisser quelques idées subversives dans leurs textes.
