Le Hussard rouge, Patrick Besson
« Un joli petit objet pas encombrant et où le lecteur, comme au Club Méditerranée, est pris en charge du début à la fin ». Telle est la définition que donne Patrick Besson de ce qu’est un livre de Françoise Sagan, la « madame sans-génie» de la littérature.
Françoise Giroud, pour qui l’on ne sent pas une folle sympathie, sera également bien descendue. Tout comme Jacques Attali, Nicole Avril, Jean Echenoz, Yves Simon, Philippe Sollers, Elie Wiesel, Martin Gray… Bref, vous l’aurez compris, Patrick Besson ne recule devant rien ni personne. Aucune grandeur d’établissement ni sommités prétendument intouchables. C’est ce qui fait, ma foi, tout son charme.
Le Hussard rouge, panorama subversif des années 80-2000, est un rassemblement des articles, des chroniques, des interventions littéraires et politiques publiés dans la presse et chez divers éditeurs au cours de ces vingt dernières années du plus insolent et imprévisible des chroniqueurs parisiens.
Insolent, il l’a encore démontré tout récemment en raillant l’accent germanico-nordique d’Eva Joly dans sa chronique du Point, non sans humour, contrairement à ce que l’on aura sottement essayé de nous faire croire.
Des « Insolences » inaugurent aussi ce recueil (« L’été avec Staline », « Tu quoque Zidi », « La diarrhée des diaristes »…), preuve, s’il en fallait, que l’ami Besson n’a en réalité jamais perdu la main . Quelques éloges sont adressés, presque arrachés (on pense notamment à Patrick Modiano).
Dans un émouvant « Je me souviens d’Eric Neuhoff », Patrick Besson y va également de son petit hommage à l’auteur de La Petite française. « Je crois que c’était le type le plus spirituel de Paris. Dès qu’il arrivait quelque part, la gaieté s’installait, on renouvelait les consommations, tout marchait comme sur des roulettes. »
Eric Neuhoff et Patrick Besson, deux écrivains qui se réclament directement des Hussards. Les hussards, vous savez, ces écrivains de droites pétris d’impertinence qui écrivirent ce qui se fît de mieux dans les années 50-60 ?
La filiation est donc clairement assumée au travers du titre du livre. Le rouge, c’est-à-dire le communisme, est une autre des filiations que choisi d’assumer Patrick Besson, bien qu’il y ait belle lurette qu’il ait coupé les ponts avec ces gens-là (le PCF), Robert Hue en tête, qu’il accuse d’avoir fait mourir le parti.
Empêcheur de tourner en rond, Patrick Besson se veut également détecteur de jeunes talents. Et en bon chercheur d’or, il ne cesse de réclamer des pépites, comme dan son « Salut aux bons écrivains qui dorment », dans lequel il tente de faire sortir Philippe Delannoy et ses « Années-poussière » de l’obscurité dans laquelle l’époque l’a jeté.
Bref, c’est un bien singulier écrivain que nous redécouvrons au travers de ces textes tout en drôlerie et en rosserie. Saluons donc une nouvelle fois l’initiative du Temps des Cerises, qui en exhumant ces chroniques nous démontre combien l’impertinence, de nos jours, se fait rare.
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One Response to “Le Hussard rouge, Patrick Besson”
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merci pour ce bel article. Besson n’est jamais meilleur que dans l’attaque.