Daimler s’en va ou le retour de Frédéric Berthet
Il faut de nouveau saluer l’initiative de La Table Ronde d’exhumer un écrivain plongé dans la clandestinité. J’ai nommé Frédéric Berthet. Un doublé Correspondances et réédition de Daimler s’en va (son unique roman, prix Roger Nimier 1989) fait ressurgir le brillant normalien né en 1954, devenu « l’écrivain le plus doué de sa génération » (Sollers) et mort dans la nuit de Noël 2003, « suicidé » à l’alcool. Il avait la grâce du désastre d’un dandy fitzgéraldien, portait en lui la fêlure d’un feu follet. « Raté » sublime pour qui « mourir, c’était ce que tu pouvais faire de plus beau, de plus fort, de plus. » (Adieu à Gonzague, Drieu la Rochelle)
