Le patriotisme tranquille: Dictionnaire amoureux de la France, Denis Tillinac

Flaubert, Belle-Isle
« Nous nous roulions l’esprit dans la profusion de ces splendeurs, nous en repaissions nos yeux ; nous en écartions les narines, nous en ouvrions les oreilles ; quelque chose de la vie des éléments émanant d’eux-mêmes, sous l’attraction de nos regards, arrivait jusqu’à nous, s’y assimilant, faisait que nous les comprenions dans un rapport moins éloigné, que nous les sentions plus avant, grâce à cette union plus complexe. A force de nous en pénétrer, d’y entrer, nous devenions nature aussi, nous sentions qu’elle gagnait sur nous et nous en avions une joie démesurée ; nous aurions voulu nous y perdre, être pris par elle ou l’emporter en nous. Ainsi que dans les transports de l’amour, on souhaite plus de mains pour palper, plus de lèvres pour baiser, plus d’yeux pour voir, plus d’âme pour aimer, nous étalant sur la nature dans un ébattement plein de délires et de joies (…) »
Flaubert, Belle-Isle, p 32
Les Lumières du ciel, Olivier Maulin

Oubliez les perspectives migraineuses de cette rentrée littéraire 2012, ses 480 nouveaux romans et ses vaines tentatives de « politique-fiction »… Avec Les lumières du ciel d’Olivier Maulin, vous n’aurez bientôt plus grand chose à regretter. On n’avait pas lu quelque chose de plus original depuis un bon moment.
Auteur de quatre romans, toujours prétextes à d’impromptus départs en voyage, comme dans En Attendant le roi du Monde, Olivier Maulin nous livre ici un diable de bon roman, revigorant à souhait et à la désinvolture heureuse. Une singularité qu’il a en partage avec ces « anars de droite » qu’étaient Blondin, Audiard, Marcel Aymé, voire plus lointainement Barbey D’Aurevilly et Léon Bloy.
En vérité tous ceux qui ont contribué au mythe fondateur de l’écrivain « désengagé » sans pour autant renoncer à glisser quelques idées subversives dans leurs textes.
Mufle: « Tiens, un nouveau Neuhoff ! »

« Ah tiens, un nouveau Neuhoff! On s’y attarde ou pas? »
« Forcément, me souffle Alexandre, c’te question … »
Alexandre et moi, on n’est pas né à la bonne époque. Y a eu comme qui dirait un raté dans notre parachutage. Tenez, on croit encore être à la page en soupesant avec délice ce petit fond de tiroir, Mufle, qui sortira en janvier, et on croit aussi qu’on sera les premiers à crier au chef-d’œuvre avant tout le monde !
Les Indes Galandes, Roger Nimier
Roger Nimier a écrit des contes de Noël. C’est chic, comme tout ce qu’il a fait. Dans son recueil de nouvelles, Les Indes Galandes, on en trouve deux : Frédéric, d’Artagnan et la petite Chinoise et Emile et Emilienne. Il n’était pas déplaisant qu’on s’en rappelât.
Paul Morand: l’homme pressé de vivre
Nuit d’été, nuit d’hiver, nuit catalane ou nuit romaine ; Paul Morand est l’écrivain de la nuit éternelle, instinctive. Celle qui ne finira jamais, ou qui n’a en fait jamais commencé.
Un chef-d’oeuvre vaut bien une messe

Le café de la jeunesse perdue ou la déperdition littéraire
Le dernier NABE, L’homme qui arrêta d’écrire
Le nouveau Nabe
envoyé par HamilcarGuimir. - Futurs lauréats du Sundance.
Morphée amputé

Franz-Olivier Giesbert et son mausolée à l’amour

M.E.N IS BACK

Ne blessez pas celui que vous ne pouvez tuer. C’est en substance la maxime que l’on pourrait tirer au sortir de ces 694 pages bouillonnantes de fureur, de ferveur, de génie. Lassé et déçu des « éditeurs blasés et des libraires boycotteurs », Marc-Edouard Nabe, 51ans, l’écrivain le plus sulfureux de la littérature moderne, a donc décidé d’auto-éditer, d’anti-éditer plutôt, son dernier livre et de le vendre exclusivement sur son site www.marcedouardnabe.com.
Nicolas Rey: Même pas mort !
Si le Front National m’était conté
Un conte. Moral pour les uns, immoral pour les autres, amoral pour moi. Le FN est, selon l’expression utilisée, redevenue une force nationale. C’est incontestable. Et c’était prévisible.
Le fou d’Ava

Les couloirs de la Sorbonne, un examen fraudé ; ils ont vingt ans quand ils se rencontrent, un de plus lorsqu’ils s’embrassent pour la première fois.
A la Closerie des idées

En poussant la porte à tambour de la brasserie, on est tout de suite saisi par cette ambiance délicieusement surannée qui rôde autour de soi. Les tables sont au coude à coude, l’ambiance feutrée. Les gens chuchotent pour se parler. Que se racontent-ils ?
Un héros de notre temps: Z comme Zemmour
18 ans en 40

Sous les coups des barbares
Classé dans: Le porte-étendard, National, Réactions

La côte sauvage, Jean-René Hugenin, extrait

Feu d’Annunzio

Dominique, Eugène Fromentin, extrait

« L’absence a des effets singuliers. J’en fis l’épreuve pendant cette première année d’éloignement qui me sépara de M.Dominique, sans qu’aucun souvenir direct parût nous rappeler l’un à l’autre. L’absence unit et désunit, elle rapproche aussi bien qu’elle divise, elle fait se souvenir, elle fait oublier ; elle relâche certains liens très solides, elle les tend et les éprouve au point de les briser ; il y a des liaisons soi-disant indestructibles dans lesquelles elle fait d’irrémédiables avaries ; elle accumule des mondes d’indifférence sur des promesses de souvenirs éternels. Et puis, d’un germe imperceptible, d’un lien inaperçu, d’un adieu, qui ne devait pas voir de lendemain, elle compose, avec des riens, en les tissant je ne sais comment, une de ces trames vigoureuses sur lesquelles deux amitiés viriles peuvent très bien se reposer pour le reste de leur vie, car ces attaches-là sont de toute durée. Les chaînes composées de la sorte à notre insu, avec la substance la plus pure et la plus vivace de nos sentiments, par cette mystérieuse ouvrière, sont comme un insaisissable rayon qui va de l’un à l’autre, et ne craignent plus rien, ni des distances ni du temps. Le temps les fortifie, la distance peut les prolonger indéfiniment sans les rompre. Le regret n’est, en pareil cas, que le mouvement un peu rude de ces fils invisibles attachés dans les profondeurs du cœur et de l’esprit, et dont l’extrême tension fait souffrir. Une année se passe. On s’est quitté sans se dire au revoir ; on se retrouve, et pendant ce temps l’amitié a fait en nous de tels progrès que toutes les barrières sont tombées, toutes les précautions ont disparu. Ce long intervalle de douze mois, grand espace de vie et d’oubli, n’a pas contenu un seul jour inutile, et ces douze mois de silence vous ont donné tout à coup le besoin mutuel des confidences, avec le droit plus surprenant encore de vous confier. »
Dominique, Eugène Fromentin, début du chapitre II.
Jean-Edern Hallier: le boxeur blessé

Il en était un qui passait pour fou, dangereux, incontrôlable. Il en était un qui, par ses coups d’éclats permanents (Mitterrand aurait appelé ça le coup d’Etat permanent) a fait trembler la République. Pourtant archétype du type imbuvable, vantard, diffamateur notoire, il a su imposer un ton, « une griffe », un style inimitable dans le paysage des lettres de l’époque. On se souvient aussi de son émission le Jean-Edern club, qu’on aurait pu aisément rebaptiser « le Jean-Edern show », tant la mise en scène y était recherchée.
Quelle aura pour Laura ?

Lolita n’est pas morte aux confins de l’Alaska. Elle a 24 ans et collectionne toujours autant les amants. Il y a 33ans mourrait Vladimir Nabokov, l’auteur du mythique Lolita, qui laissait au pied de sa dépouille un manuscrit inachevé. Inachevé dans les grandes largesses à la lecture de ce roman posthume, L’original de Laura, publié le 23 avril dernier.
Moi, Maurice Sachs, juif, homosexuel et collabo
« Les gens de la Gestapo sont des magiciens ; d’un coup de téléphone ils transforment le sort d’un homme. » Voilà, Maurice Sachs, c’était un peu ça : l’amoralisme fertile en expédients, le dilettantisme exemplaire – et légendaire –, l’opportunisme érigé en vertu inaltérable.

Luchini lit Muray

De Moscou à Vladivostok
Il s’agit bien sûr du mythique transsibérien. Du 28 mai au 14 juin se déroule un évènement majeur de l’année France-Russie : une traversée d’écrivains français, en deux semaines, sur la ligne ferroviaire reliant Moscou à Vladivostok. Le « train littéraire » se verra attribué le nom du poète français Blaise Cendrars, auteur de La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France, écrit en 1913, évoquant son voyage imaginaire sur cette ligne voulue par Alexandre III, qui part de « la ville des mille et trois clochers et des sept gares » pour rallier l’Asie à travers l’immensité de la taïga et la majesté des steppes.
A son étoile

21 mai 1968. Dans Paris insurgé, le drapeau rouge flotte sur le théâtre de l’Odéon et sur la Sorbonne. Sur l’autre rive de la Seine, un discret mais néanmoins fameux conclave d’écrivains s’est réunit sous les ors de l’hôtel Meurice, rue de Rivoli, pour décerner le prix Roger Nimier. (institué depuis 1963 et la mort du « hussard bleu ») Grognards et hussards sont de la partie. Le champagne s’évente, Blondin est encore gérable, Morand n’est plus qu’un vieux prince, tour à tour charmant et irascible. La Place de l’étoile est couronné ; son auteur, Patrick Modiano, n’a que 23 ans ; il a stupéfié le jury du prix Roger Nimier par sa maîtrise d’une époque qu’il n’a pourtant pas connue : l’Occupation.
L’Histoire: grand H et petit h

La prison comme école du crime
Multi-césarisé, distinction hexagonale qui lui permet d’être enfin prophète en son pays, le dernier film de Jacques Audiard arrive après une série de films français dits « sociaux », ancrés dans le réel, à l’image des récents Welcome et A l’origine.
Suarès cet inconnu

Le Colonel des Hussards: un pionnier nommé Fraigneau

Dominique de Roux: de la race des inclassables

Les Grands gestes la nuit, troisième roman de Thibault de Montaigu
Village devenu symbole des vacances heureuses et insouciantes, Saint-Tropez n’a, de nos jours, plus rien d’imprévoyant. Ne subsiste que sa frivolité. Saturé de voitures l’été, asphyxiant d’ozone aux côté des boulistes de la place des Lices, on a bien du mal à trouver ce qui a pu en faire un lieu de villégiature idéal. Stars en goguettes et badauds made in France s’y côtoient désormais sans complexes, à la recherche de ce que fut le destin de cet ancien petit village de pêcheurs, avant qu’il ne devienne Saint-Trop’.
Paul Gadenne: sous la maladie, la vie

Sans grain ni saveur: Le Sel de Jean-Baptiste Del Amo
Classé dans: Petits romans actuels, Rentrée littéraire 2010

Charles Péguy: un mécontemporain plus actuel que jamais

Paul Morand: Les confessions inutiles d’un vieux prince
Il faut beaucoup de discernement pour juger de la qualité d’un homme, son aura, la trace qu’il aura laissée dans la vie littéraire. Homme de mauvaise constitution, d’humanité médiocre pour les uns, formidable géographe des idées, orfèvre de la langue française, qu’il a fait jazzer comme personne pour les autres (respectivement Nimier et Céline), Morand est l’écrivain d’une époque charnière entre l’avant et l’après 68, vestige d’une civilisation qu’on appelait France.
Jean de Tinan ou le culte de la vie

Hussards: Une charge hardie dans l’obscurité de l’après-guerre

Alors que le mouvement existentialiste est à son apogée, émergent des profondeurs de l’Action française des écrivains de droite disons très désinvoltes, qui deviendront, pour la postérité, et bien que cet étiquetage soit impropre, le mouvement Hussard. Sartre, Breton et Camus, sont les auteurs du moment. Rive gauche, Bernard Franck, Françoise Sagan et Madeleine Chapsal font bloc entre deux descentes à Saint-Tropez. Du côté de Saint-Germain des Près, une nouvelle génération, qui s’est dorée au soleil Maurassien, éclot à son tour. Son chef de file n’est autre que Roger Nimier, 23 ans, qui vient de signer un roman devenu best-seller, le Hussard bleu. Cette « génération du couvre feu » débarque sur un terrain littéraire relativement vierge.
Le génocide tranquille ou la gueule d’un Orient pas très catholique

Raymond Radiguet, le bal de la jeunesse éternelle

Qui connaît Larry Clark ?
Qui connaissait Larry Clark, ce réalisateur-photographe, artiste phare de la contre-culture, avant qu’une fièvre médiatique provoquée par l’interdiction aux moins de 18 ans de son exposition au Musée d’art moderne de la ville de Paris ne s’empare du sujet ? Pas grand monde je pense…
Kléber Haedens, ce “fratriarche”

Jean-René HUGUENIN
Pour vous connaître, j’aurais été prêt à tout, même à être déçu. Vous étiez de ceux qui aviez vingt ans autrement, qui préfériez « l’orgueil de demain au plaisir d’aujourd’hui », qui « n’écoutiez que votre impérialisme. » Vous réclamiez une autre jeunesse.Houellebecq, what else ?
Comment pouvait-il en être autrement ? L’affaire semblait entendue depuis cet été. Que dire de plus, si ce n’est bravo Monsieur Houellebecq, pour ce prix Goncourt ! On se souviendra simplement de ce que disait Marc-Edouard Nabe, dans son Vingt-septième livre, au sujet de la recette du succès Houellebecquien : « Roman à thèse + écriture plate + athéisme revendiqué + critique de son temps (mais pas trop) + défense du capitalisme + attaque des Arabes = succès garanti. », et qui ne s’est, à quelques ingrédients près, une fois de plus, pas démentie.
La vie est brève et le désir sans fin, Patrick Lapeyre
Classé dans: Petits romans actuels, Rentrée littéraire 2010
Reprenons. C’est un livre sans fin et une histoire stérile. Aussi stérile qu’un désir d’eunuque. C’est dire la débandade…Prix Femina 2010, La vie est brève et le désir sans fin est le 7ème roman de Patrick Lapeyre. Comment ? Comment cela est-ce possible de buter sur tant de critiques laudatrices ? Je ne m’explique pas cette anomalie, cette offense faite à la littérature, cet esclandre.
L’Homme qui voulait vivre sa vie: sans l’ombre d’un doute…
L’homme qui voulait vivre sa vie, d’Eric Lartigau, est de ces films trop rares, qui défient les conventions sans forcer leur talent.
PURGE de Sofia Oksanen: une BALTEothérapie salvatrice
Classé dans: Rentrée littéraire 2010, Révélations contemporaines
Le souffle de la littérature contemporaine semble porté par le vent du Nord. Sa nouvelle étoile est une romancière finno-estonienne de 33 ans : Sofia Oksanen. Purge est son troisième roman. Un roman qui a suscité l’enthousiasme des critiques et des lecteurs jusqu’à devenir un phénomène littéraire et médiatique dans son pays, la Finlande, où Purge s’est vendu à 150 000 exemplaires, raflant les trois grands prix littéraires dont les prestigieux Runeberg et Finlandia – l’équivalent du Goncourt. Le succès fut tel que Sofia Oksanen a été déclaré, en 2009, personnalité de l’année en Estonie. Et comme il arrive, parfois, que le bon goût s’exporte, Purge a été publié fin août en France jusqu’à apparaître comme le roman incontournable de cette rentrée littéraire 2010. Son couronnement par le Prix Femina étranger 2010 complète le tableau.
La tragédie permanente: Vies ordinaires en Corée du Nord de Barbara Demick
Classé dans: International, Révélations contemporaines
L’internationale du plaisir: l’Europe galante, de Paul Morand

Michel Déon, hussard malgré lui
Le nonagénaire le plus fringuant de la littérature française – et le dernier hussard encore en vie – est revenu sur la scène littéraire depuis novembre 2010 avec la réédition, retravaillée, des Poneys sauvages, prix interallié 1970. Entre l’air roboratif de sa maison de Galway (Irlande) et son confortable fauteuil d’académicien, il y a toute une vie d’homme et d’écrivain ; un vingtième-siècle cueilli par sa prose élégante. Michel Déon : une histoire française.
Henry de Montherlant: Le masque et la plume
Il est 16 heures moins quelques minutes ce 21 septembre 1972, premier jour d’automne, dans un entresol du quai voltaire à Paris, un appartement d’éternel célibataire rempli de bustes antiques. Henry de Montherlant rédige sa dernière lettre devant un guéridon Directoire, avant de porter un revolver à sa gorge, et de croquer une capsule de cyanure.
Le dernier dictateur d’Europe peut-il tomber ?

Ernest Psichari: l’âme française

Incertains désirs de Denis Tillinac: Voyage au bout des illusions
Classé dans: Denis Tillinac, Révélations contemporaines
Cela fait partie des plaisirs que l’on ne saurait refuser. Un livre écrit, et plutôt bien écrit, par l’un de ses contemporains sur lequel on n’aurait pas envie de cracher, voire que l’on serait plutôt enclin à encenser. Son titre: Incertains désirs.
Zimmer, d’Olivier Benyahya
Classé dans: Rentrée littéraire 2010, Révélations contemporaines

Rigaut don

Tunisie: pourquoi ça dégénère
« Adieu Mohamed, nous te vengerons ! Ton sang n’aura pas coulé pour rien. Nous te pleurons ce jour, nous ferons pleurer ceux qui ont causé ta perte. » Tels étaient les mots repris à l’unisson par le peuple tunisien lors de la marche qui avait lieu à Sidi Bouzid, à quelque 260 km de Tunis, la capitale, ce mercredi 5 janvier.
Le réprouvé, Mikaël Hirsch
Classé dans: Rentrée littéraire 2010, Révélations contemporaines

Autoritaire la Hongrie ?

PPD, la curée
Mitterrand retire Céline des célébrations nationales
“Ô Capitaine, mon Capitaine…” Où j’ai laissé mon âme, Jerôme Ferrari
Classé dans: Rentrée littéraire 2010, Révélations contemporaines
Peut-être le roman le plus ardent de la rentrée littéraire 2010. Jérôme Ferrari livre avec son cinquième roman, Où j’ai laissé mon âme, une partition exigeante et grave, à la fois politique et métaphysique.
Un Roman Estonien, Katrina Kalda
Classé dans: Rentrée littéraire 2010, Révélations contemporaines
Jamais l’Estonie n’aura autant été littérairement à l’honneur que durant l’année 2010.
Quand Gainsbourg interview Blondin…
Père Nourissier
Bernanos, le grand imprécateur
On gagne toujours à reprendre Bernanos. Ce grand homme de foi et tout aussi grand homme de passion, pamphlétaire redoutable et « plus grand romancier de son temps » selon Malraux (qui préfaça en 1974 le Journal d’un curé de campagne), avait la vocation.
Dominique, d’Eugène Fromentin: La genèse de l’œuvre
Eternelle lumière verte…

Bobby Sands ressuscité: HUNGER
Film incontournable. Rare. Un chef-d’œuvre de l’année 2008. Présenté en Sélection officielle au Festival de Cannes (dans le cadre de la section Un Certain Regard), Hunger y a remporté la récompense la plus prestigieuse : la Caméra d’or, décernée au meilleur premier film, toutes sections confondues.
Un singe en hiver, Antoine Blondin: extrait

« La plage était déserte sur des kilomètres, à l’exception d’un petit grouillement de silhouettes multicolores, dans une crique arrondie au pied de la falaise. Je me suis approché à l’abri des rochers, retrouvant de la jeunesse et un goût amer à cet exercice, ne sachant trop si j’étais grotesque, immonde ou sublime. Marie a de jolies jambes brunes qui me flattèrent, peu ou pas de poitrine, mais je ne me suis pas attardé.
Jubilé Chardonne

Eugène Fromentin: Voyage en Algérie
De Fromentin on connaît Dominique, bien sûr. Mais reprenons un peu sa biographie pour savoir en quoi Eugène-Samuel-Auguste Fromentin né le 24 octobre 1820, à La Rochelle, est bien cet « artiste armé des deux mains » dont parle Sainte-Beuve.
Mayotte, « L’île au lagon » et 101e département français
Le 31 mars, Mayotte deviendra le 101e département français. De partout, sur toute la planète journalistique, on taille sa plume, on prépare son encrier, et on remplit les pages des chiffres sur l’immigration clandestine de Mayotte, le « Lampedusa puissance 10 ». Intégrisme et violence à l’hôpital

Un Panthéon politique
Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais, a rejoint les grands hommes de la Nation au Panthéon, où une cérémonie a eu lieu ce 6 avril (son corps, en revanche, est resté en Martinique, conformément à sa volonté). Saïgon la Rouge, Jacques de Miribel
Adagio (Mitterrand, le secret et la mort): une présidence française

Le Camp des saints de Jean Raspail: dits et contredits
Le Camp des Saints de Jean Raspail : Et si on parlait littérature ?
Tristan Corbière: vous avez dit maudit?!

Les épis mûrs, Lucien Rebatet
Marc-Edouard Nabe réagit à l’annonce de la mort de Ben Laden chez Frédéric Taddeï
Nabe sur la mort supposée de Ben Laden, le 2 mai…
N. le maudit
L’Etrangère de Nimier, extrait

Thaï’s spleen: Come baby de Patrick Besson
Souvent, un livre de Patrick Besson ça n’a l’air de rien. C’est souvent court et ça ne révolutionne pas la littérature (mais après Proust et Céline peut-on encore la révolutionner ?).
Hollande: la voie royale ?

Ah ! Perfide Manon !

L’odeur du figuier de Simonetta Greggio
Le titre est enivrant, la couverture, pleine de promesses. L’odeur du figuier, recueil de 5 nouvelles de l’écrivain italienne Simonetta Greggio, est pour le moins inégal quand il n’est pas pénible. Cette invitation aux senteurs d’été italien ne suffit pas à charmer et encore moins à convaincre.
Antoine Blondin: la vie vagabonde
Antoine Blondin fait partie de « cette génération qui eût vingt ans (ou un peu plus) en 1945 pour la fin du monde civilisé » (Roger Nimier). Mort il y a 20 ans, le 7 juin 1991, Blondin incarne cette « poétique subversive des hussards » (Petr Kylousek), ce triumvirat littéraire composé de Roger Nimier, Jacques Laurent, Antoine Blondin, auquel on ajoutera par la suite Michel Déon.
Rebecca, de Daphné du Maurier
Si, comme moi, la sortie le 13 avril de Scream 4 vous a laissé indifférent ; si vous en avez assez des films d’épouvante et des livres d’horreur où des blondes à forte poitrine se font déchiqueter par des créatures putrides ; si vous avez envie de ne pas être terrorisé mais tenu en haleine, captivé à en perdre la notion du temps, un seul nom à retenir : Rébecca.
Extrait d’«Etat civil», de Drieu la Rochelle
Etat Civil, Drieu la Rochelle
Henry Miller: une crucifixion en rose
Quel est le point commun entre Henry Miller, Gustave Flaubert et Charles Baudelaire ? A priori, rien ne prédestinait ces trois noms à figurer dans la même phrase.
Michel Déon: « Les livres m’ont toujours consolé »
La Maison d’été de René Guy Cadou: Un roman qui se mérite
Que peut-on bien avoir à mériter en ouvrant cette «Maison d’été» ? Bien des choses en vérité…
Daimler s’en va ou le retour de Frédéric Berthet
Il faut de nouveau saluer l’initiative de La Table Ronde d’exhumer un écrivain plongé dans la clandestinité. J’ai nommé Frédéric Berthet. Un doublé Correspondances et réédition de Daimler s’en va (son unique roman, prix Roger Nimier 1989) fait ressurgir le brillant normalien né en 1954, devenu « l’écrivain le plus doué de sa génération » (Sollers) et mort dans la nuit de Noël 2003, « suicidé » à l’alcool. Il avait la grâce du désastre d’un dandy fitzgéraldien, portait en lui la fêlure d’un feu follet. « Raté » sublime pour qui « mourir, c’était ce que tu pouvais faire de plus beau, de plus fort, de plus. » (Adieu à Gonzague, Drieu la Rochelle)
De Nécessité vertu An I, clap de fin

Souviens-toi de Lisbonne, Olivier Frébourg
Lisbonne. Mieux, LisbonneS. Le même « s » que Morand ajoutât à ses Venises. Olivier Frébourg aurait très bien pu titrer ainsi son livre ; ce récit de voyage au Portugal dans lequel se greffe une sorte de longue lettre à l’être aimé et perdu.
Vivre à Madère, Jacques Chardonne
Hécate et ses chiens, Paul Morand
On revient toujours à ses maîtres. Particulièrement en période de rentrée littéraire si peu prodigue en livres de valeur. On sait Paul Morand exceller dans la forme courte. Hécate et ses chiens en est sans doute la plus belle démonstration.
Splendeurs d’Alain Bonnand
On ne parle plus d’Alain Bonnand. On ne connaît plus Alain Bonnand. C’est bien dommage ; c’est même tragique. Alain Bonnand a écrit des livres chics et irrésistibles. Serrés et élégants.
Programme Gallimard 2011 littérature française et étrangère

Les autos tamponneuses, Stéphane Hoffmann
Première sélection pour le Goncourt 2011, faites vos jeux !
La première sélection pour le Prix Goncourt 2011 a été annoncée mardi 6 septembre, en vue du prix qui sera remis le 2 novembre. Les jurés du Goncourt se réuniront de nouveau le 4 et le 25 octobre pour annoncer leur deuxième puis dernière sélection.
Des filles qui dansent, Stéphane Hoffmann: le tube de l’été
Après avoir achevé la lecture de ce livre, nous ne minoreront plus les « amours d’été ». Eventuellement, nous regouterons au fol espoir de l’amour absolu. Nous nous dirons : oui, il y a bien des filles qu’on n’oublie pas.
Des garçons qui tremblent, Stéphane Hoffmann: l’amour c’est beaucoup plus que l’amour

Du temps qu’on existait, Marien Defalvard
Classé dans: Rentrée littéraire 2011, Révélations contemporaines
Rouler, Christian Oster
Classé dans: Petits romans actuels, Rentrée littéraire 2011

Circulez y’a rien à voir ! Rouler, le dernier livre de Christian Oster, crisse d’ennui et klaxonne de morosité narrative. Le narrateur « a pris le volant un jour d’été, à treize heure trente. » On eût aimé qu’il coupât le contact.
La petite française, Eric Neuhoff
Classé dans: Nos maîtres, Révélations contemporaines

Pension alimentaire, Eric Neuhoff: Confessions d’un baby-boomer

L’Enculé, Marc-Edouard Nabe: son nouveau roman

L’affaire DSK semble avoir inspiré notre Marc-Edouard national. Depuis le 7 octobre, son site officiel marcedouardnabe.com annonce la sortie de son dernier livre, "le premier sur l’Affaire". Sans doute LA bombe de cette moribonde rentrée littéraire, dont voici les premières lignes :
« Je suis un enculé. C’est drôle : c’est souvent ceux qui enculent les autres qu’on traite d’enculés. Moi, je mérite bien ce nom, à bien des titres. Je vais raconter ici comment un enculeur s’est fait enculer. Et ce ne sera pas du roman, tout sera vrai, enfin selon moi. Après avoir enculé le monde entier, je me suis fait enculer aux yeux de ce même monde, entier.»
( LIRE L’ARTICLE DE NECESSITE VERTU)
Autre extrait:
« Brusquement, j’ai ouvert la porte. Je bandais comme un gorille et ruisselais de partout… »
Tiré à 2 000 exemplaires, le livre se commande uniquement sur le site de l’auteur depuis qu’il autoédite.
L’Enculé, octobre 2011.
250 p. 24 euros.
Les insoumis, Eric Neuhoff
Classé dans: Nos maîtres, Révélations contemporaines

Ca pétarade toujours avec Eric Neuhoff. Alors quand le romancier flirte avec un « essai », où il révère 5 seigneurs d’élection, il est plus que jamais, comme infusé par le talent et l’esprit de ceux qu’il honore: Maurice Ronet, Pascal Jardin, Jean-Pierre Rassam, Paul Gégauff, Dominique de Roux. Ses insoumis étaient de sacrés bonshommes. Et Eric Neuhoff a un sacré talent.
L’été anglais, Denis Tillinac
Classé dans: Denis Tillinac, Révélations contemporaines

Spleen en Corrèze
Classé dans: Denis Tillinac, Révélations contemporaines

Côté (Pascal) Jardin
A 14 ans, Pascal Jardin ne savait pas lire. Dyslexie. A l’été 1980, âgé de 46 ans, Pascal Jardin mourrait: il laissait une centaine de dialogues de films, 6 romans et 4 pièces de théâtre dont la plupart ne furent pas jouées. Ca s’appelle rattraper son retard.
Du Fonds monétaire au fond du trou: L’Enculé, Marc-Edouard Nabe
Classé dans: Marc-Edouard Nabe, Rentrée littéraire 2011

On en a tellement dit sur l’épopée de DSK à New-York, que le meilleur moyen d’en reparler était encore de la faire raconter par son principal protagoniste : « Des milliers, des millions, des milliards même d’individus dans le monde ont leur petite idée sur ce que j’ai fait dans cette chambre ! ».
C’est DSK qui parle, faisant le récit de son été New-Yorkais à la première personne.
Le cas Sneijder, Jean-Paul Dubois
Classé dans: Rentrée littéraire 2011, Révélations contemporaines
Jean Paul Dubois publie un nouveau roman, en forme de farce tragicomique, où la richesse du langage le dispute au comique clownesque des situations.
Sunsiaré de Larcône: la Princesse blonde du Hussard bleu
L’écrivain Jérôme Leroy parle de son dernier livre, « Le Bloc »
le Bloc, Jérôme LEROY

Proust: la lettre d’adieu d’Albertine
Le Hussard rouge, Patrick Besson
Classé dans: Rentrée littéraire 2011, Révélations contemporaines
« Un joli petit objet pas encombrant et où le lecteur, comme au Club Méditerranée, est pris en charge du début à la fin ». Telle est la définition que donne Patrick Besson de ce qu’est un livre de Françoise Sagan, la « madame sans-génie» de la littérature.

